Pathologie de la face et du cou

Sommaire

  1. Les tumeurs cervicales médianes
  2. Les tumeurs cervicales latérales
  3. Chirurgie traditionnelle des glandes salivaires
  4. La scialendoscopie
  5. Chirurgie des tumeurs cutanés de la face et du cou
  6. Chirurgie des cancers

La chirurgie des tumeurs du cou benignes ou malignes

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Les tumeurs cervicales sont toutes les tumeurs qui se développent au dépens des éléments : vasculaires, nerveux, glandulaires (thyroide, glandes salivaires) du cou, ou de reliquats embryonnaires.

L’interrogatoire, les données de l’examen clinique (siége de la tumeur++) orientent considérablement vers l’origine de cette tumeur, sa nature exacte étant confirmée par les examens paracliniques.

Le cou est schématiquement divisé en trois régions : une médiane et deux latérales. 

La région médiane est subdivisée par rapport à l’os hyoide en : région sus-hyoidienne et sous hyoidienne .

Les tumeurs cervicales médianes

  • Kyste dermoide

C’est un reliquat embryonnaire d’origine ectodermique, il se présente sous forme d’une tuméfaction molle, mobile, indolore, de volume variable, de siége souvent sus-hyoidien. Le diagnostic est affirmé par l’examen histologique de ce kyste.

  • Kyste du tractus thyréoglosse

C’est une tumeur développée au dépens d’un reliquat embryonnaire : le canal thyroidien inducteur de la portion médiane du corps thyroide : canal de Bochdalek. Elle est de consistance ferme, bien limitée, indolore en l’absence de surinfection, et ascensionne à la protraction de la langue. La ponction cytologique est évocatrice (liquide mucoide riche en cristaux de cholesterine) ; le diagnostic est affirmé par l’étude histologique de la pièce opératoire emportant le kyste avec l’os hyoide pour éviter les récidives.

  • Nodule thyroïdien

Tuméfaction se développant au dépens du parenchyme thyroïdien , de volume variable , mobile à la déglutition , l’échographie et la cytoponction confirment l’origine thyroïdienne , la nature histologique étant confirmée par examen de la pièce opératoire.

Tumeurs cervicales latérales

  • Kyste amygdaloide

C’est un reliquat embryonnaire d’origine ectoblastique, il se présente sous forme d’une tuméfaction latéro-cervicale située en arrière de la corne de l’os hyoide sous le bord antérieur du streno-cleido-mastoidien, elle est de consistance molle, de volume variable. La cytoponction retire un liquide visqueux, épais ; le diagnostic de certitude est histologique.

  • Lymphangiome kystique

C’est une dysembryoplasie bénigne portant sur le système lymphatique, de siége souvent cervical (triangle postéro-inferieur ). La tuméfaction est polylobée, molle, déprèssible , indolore, pouvant donner des signes de compression (dyspnée, dysphagie, dysphonie) lorsqu’elle est volumineuse. La cytoponction retire un liquide d’aspect variable, l’échographie retrouve une masse kystique cloisonnée, le traitement consiste en l’éxèrése chirurgicale par cervicotomie.

  • Tumeurs vasculaires
  • Anévrysme artériel :tumeur battante, expansive, réductible, de consistance élastique, mobile uniquement transversalement, l’auscultation retrouve un souffle systolique. L’artériographie confirme la nature vasculaire de la tumeur.
  • Tumeur du corpuscule carotidien : c’est une tumeur bénigne développée au dépens du corpuscule carotidien , d’évolution lente , de consistance élastique , indolore, s’accompagnant parfois d’accès douloureux spontanés ou provoqués par le bâillement ou la déglutition , l’artériographie confirme la nature vasculaire ;le traitement est chirurgical après embolisation.
  • Tumeurs nerveuses

Ce sont les tumeurs développées au dépens des fibres nerveuses ou des ganglions cerebro-spinaux : schwannome, sympathome, neurofibrome. Elles sont de consistance ferme, bien limitées, mobilisables transversalement, parfois à développement parapharyngé. Le diagnostic est affirmé par l’examen histologique de la pièce opératoire.

  • Tumeurs aériques
  • Diverticule oesophagien : tuméfaction basi-cervicale , augmentant de volume lors des repas ,qui disparaît lors de la compression ou après régurgitations .s’accompagne de dysphagie . Elle est mise en évidence par le TOGD.
  • Laryngocéle externe :dilatation aérique du saccule (orifice au niveau du toit du ventricule) faisant hernie à travers la membrane thyro-hyoidienne. La tuméfaction est molle, réductible, expansive au valsalva, s’accompagnant de bruits hydro-aériques. La TDM objective une masse aérique occupant le larynx.
  • Tumeurs salivaires

se développant au dépens du pole inférieur de la parotide ou du pole postérieur de la glande sous-mandibulaire. Leurs nature histologique est diverse : adénome pléomorphe , cystadénolymphome , cylindrome

La chirurgie des glandes salivaires (parotide, sous maxillaires et glandes salivaires accessoires)

Les différentes affections cliniques pouvant toucher les glandes salivaires sont de deux grands types :

  •  les tumeurs, bénignes ou malignes relevant d’un traitement chirurgical classique
  • les affections non tumorales par obstruction des canaux excréteurs de la salive, principalement représentées par la lithiase (ou calcul) relève actuellement le plus souvent d’une nouvelle technique de traitement : la scialendoscopie

Ces dernières se manifestent par des symptômes survenant lors de l’alimentation avec augmentation de taille de la glande salivaire atteinte en raison de la non-élimination de la salive.

A un stade plus évolué, la glande peut s’infecter et se manifester par une tuméfaction inflammatoire de la glande atteinte pendant plusieurs jours.

Chirurgie traditionnelle

  • Chirurgie de la glande parotide
schéma glandes salivaires

Le traitement  chirurgical consiste en l’ablation en totalité ou en partie de la glande parotide (parotidectomie totale ou superficielle) en fonction de l’extension de la tumeur.

L’intervention est menée sous anesthésie générale. L’incision est dissimulée à la partie antérieure de l’oreille, se prolonge sous le lobule puis sous l’angle de la mandibule.

Le point essentiel de l’intervention est l’identification du nerf facial et sa dissection sur l’ensemble des trajets de ses différentes branches.
Dans cette dissection, la parotidectomie profite des progrès du monitoring de nerf.

Un monitoring du nerf facial est mis en place dans la grande majorité des cas permettant de vérifier la viabilité des différentes branches nerveuses. La tumeur est analysée lors de l’intervention (examen anatomopathologique extemporané).

Si la tumeur s’avère maligne, au cours d’une parotidectomie superficielle, on procède à l’ablation de l’ensemble de la glande ainsi qu’à l’ablation du tissu ganglionnaire dans les territoires de drainage cervicaux.

L’hospitalisation est habituellement courte, le patient quitte l’établissement après ablation du drain après 48 à 72 heures.

Les soins sont réalisés à domicile jusqu’à cicatrisation complète après ablation des points.  

  • Chirurgie des glandes sous maxillaires

Elles sont situées sous le rebord de la mandibule. Elles sont plus rarement le siège de tumeur. Il existe des phénomènes infectieux ou inflammatoire de la glande dénommés « sous maxillite ». La présence d’une lithiase (calculs) est suspectée en cas d’épisodes de douleur ou de gonflement de la glande. Le bilan fait appel à l’échographie, au scanner, parfois la sialographie 

En cas de traitement  chirurgical.

L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Une consultation d’anesthésie pré-opératoire ainsi qu’une hospitalisation sont donc indispensables.

L’intervention nécessite une courte incision cervicale en regard de la glande, dans un pli cutané du cou.

L’ablation de la glande sous-maxillaire est effectuée par dissection, en libérant progressivement la glande pour lier son canal évacuateur, qui vient se terminer dans la cavité buccale sous la langue.

  • En cas de tumeur, la tumeur sera, le plus souvent, analyser pendant l’intervention. C’est l’examen anatomopathologique extemporané qui permet de connaître la nature de la lésion pendant l’intervention. Le diagnostic sera confirmé par l’examen anatomopathologique définitif en post-opératoire.
    • En cas de tumeur maligne, il est souvent nécessaire de prélever les ganglions situés autour de la glande pour les faire analyser. Il faut alors souvent agrandir l’incision pour effectuer un curage ganglionnaire.
    • En cas de tumeur bénigne, il n’y a pas de geste complémentaire.
  • En cas de calcul, on s’assure de l’absence de calcul dans le canal évacuateur de la glande ; il est parfois nécessaire de faire une petite incision par voie endo-buccale, sous la langue.

En fin d’intervention, la voie d’abord (l’incision) est suturée. On laisse souvent en place un drain qui permet de diminuer le risque d’hématome cervical post-opératoire et qui est gardé en place le temps de l’hospitalisation.

La durée de l’intervention est rapide mais peut varier en fonction des difficultés chirurgicales et des résultats de l’examen anatomopathologique per-opératoire.
La durée de l’hospitalisation est en général de 2 ou 3 jours.

Les suites opératoires comportent :

  • des douleurs relativement peu importantes qui cèdent grâce à des antalgiques simples.
  • des soins post-opératoires (soins locaux et pansements) sont nécessaires pendant une période de 8 à 10 jours.
  • l’ablation des points est effectuée en général vers le 8 ou 10ième jour post-opératoire.
  • à distance de l’intervention, il existe souvent une légère dépression située sous le rebord de la mâchoire qui correspond à la place laissée vide de la glande et qui s’atténue progressivement avec le temps.
  • la cicatrice devient en général très peu visible quelques mois après l’intervention. Son aspect est considéré comme définitif, un an après l’intervention.

La Scialendoscopie

Elle est diagnostique et interventionnelle

La sialendoscopie diagnostique est l’exploration endoscopique de la glande sous-maxillaire, (ou submandibulaire, glande salivaire située sous la partie horizontale de la mâchoire) ou bien de la glande parotide (glande salivaire située devant et sous le lobule de l’oreille). Elle a pour but d’identifier un obstacle au sein de la glande salivaire concernée. 

Si une sténose du canal (rétrecissement du conduit) ou une lithiase de petite taille (calcul) est identifiée, une sialendoscopie interventionnelle aura pour but de lever l’obstacle.

L’instrument est constitué d’un endoscope semi-rigide, permettant de mieux se diriger à l’intérieur des ramifications canalaires et un système de rinçage qui a l’avantage de dilater les canaux, de nettoyer l’optique et d’évacuer les débris intracanalaires. 

Elle est la procédure recommandée face à toute tuméfaction salivaire unilatérale évoquant une sialolithiase ou une sténose canalaire.

A visée thérapeutique, elle est moins traumatique que les procédures classiques pour les pathologies obstructives de la glande salivaire.

La sialendoscopie interventionnelle a donc fait ses preuves en matière d’extraction de lithiase salivaire et de sténoses canalaires et est recommandée en première intention.

En pratique, elle est réalisée sous une courte anesthésie générale durant une hospitalisation d’une journée.

La chirurgie des tumeurs cutanées de la face, du cuir chevelu et du cou (ablation, reconstruction greffes et lambeaux)

L’exérèse d’une lésion au niveau du visage ou du cou peut être indiquée en cas de tumeur cutanée cancéreuse ou suspectée de l’être (carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, mélanome, grain de beauté ou naevus suspect…).

Les cancers cutanés sont des lésions fréquentes, souvent favorisées par le soleil, dont le pronostic est intimement lié à la précocité de l’exérèse. Une biopsie préalable est peut-être préférable dans certains cas.

Un examen anatomo-pathologique permettant d’analyser la lésion sera systématique.


Une reprise chirurgicale est parfois nécessaire en fonction des résultats de cette analyse afin d’élargir la zone d’exérèse. En cas de cancer cutané, une surveillance attentive, à vie, par votre dermatologue sera indispensable après la chirurgie afin de déceler d’éventuelle récidive ou d’autres localisations.

Une lésion au niveau du visage peut également être enlevée pour des motifs esthétiques (tumeurs bénignes comme les naevi ou grain de beauté, tatouages, cicatrices…

Le ou les signes cliniques qui incitent à les enlever sont :

  • L’augmentation de volume
  • L’augmentation de surface
  • Le changement de coloration
  • Les irrégularités des bords
  • Les irrégularités dans la coloration
  • Les saignements (un « bouton » qui ne guérit pas)
  • La présence de ganglions est fortement suspect.

L’Intervention

Trois types d’anesthésie sont envisageables :

  • Anesthésie locale pure
  • Anesthésie locale approfondie par des tranquillisants administrés par voie intra-veineuse (anesthésie ” vigile “) = neuroleptanalgésie
  • Anesthésie générale classique, durant laquelle vous dormez complètement. Au niveau du visage, l’exérèse des lésions cutanées implique parfois des cicatrices beaucoup plus grandes que la lésion elle-même, pour deux raisons :

– les lésions cancéreuses doivent être enlevée avec une marge de sécurité, plus ou moins importante selon le type de tumeur (allant de 2-3 mm à 1 cm par rapport à la lésion).

– la fermeture nécessite parfois l’utilisation de lambeaux (rotation, glissement ou translation de la peau avoisinante pour fermer la perte de substance)

Les 2 principales techniques de réparation utilisées sont :

  • les lambeaux : on transfère sur la zone opérée, la peau située juste à côté. La cicatrice qui en résulte aura une forme globalement géométrique,
  • les greffes de peau : elles sont prélevées grâce à un instrument spécial sur une autre partie du corps : face interne du bras, creux de l’épaule, plis de l’aine…

La qualité du résultat esthétique n’est alors absolument pas liée à la taille de la cicatrice.

Votre chirurgien choisira la technique permettant d’obtenir à long terme les meilleurs résultats esthétiques.

En fonction des techniques, la cicatrisation peut être plus ou moins longue : une dizaine de jours en moyenne et jusqu’à un mois pour les greffes de peau. Mais il faudra cependant attendre au moins 6 mois pour avoir un résultat définitif et stable…

Concernant les mélanomes, les protocoles de traitement qui associent chirurgie et médicaments sont souvent complexes et nécessitent la collaboration d’une équipe pluridisciplinaire spécialisée.

Une surveillance dermatologique est indispensable par la suite pour s’assurer de l’absence de récidive au cours des années suivantes.

La Chirurgie des cancers

La chirurgie des cancers comprend : la chirurgie des tumeurs de la face, du cuir chevelu, de la cavité buccale, du larynx, du pharynx, de la glande thyroïde et de tous les organes de la tête et du cou

Vous devez consulter un médecin ORL devant :

  • une douleur persistante
  • un changement de voix,
  • des saignements au niveau buccal
  • une difficulté à déglutir,
  • un ganglion au niveau du cou